Redécouvrir le tour du monde en quatre-vingts jours (2004)
Le tour du monde en quatre-vingts jours film 2004 est une comédie d’aventure réalisée par Frank Coraci, avec Jackie Chan et Steve Coogan, qui revisite très librement le roman de Jules Verne en misant sur l’action, l’humour et un tour du monde spectaculaire plutôt que sur la fidélité stricte au livre. En deux heures, le film propose un voyage familial rythmé, bourré de cascades et de caméos, mais qui a été un échec au box-office malgré son énorme budget.
Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu ce film : je venais de relire le roman de Jules Verne, et je m’attendais à une adaptation fidèle… J’ai d’abord été dérouté, puis j’ai fini par l’apprécier comme une sorte de grand parc d’attractions cinématographique, à condition d’oublier un peu le texte original. Si tu as envie d’un voyage léger et rythmé, il peut clairement trouver sa place dans ta soirée.
Le film de 2004, c’est quoi exactement ?
Le long métrage Around the World in 80 Days (titre original) est une coproduction américaine, allemande, britannique et irlandaise, sortie en 2004, qui transpose l’intrigue de Jules Verne dans une comédie d’aventure familiale centrée sur le duo Jackie Chan / Steve Coogan. On y retrouve l’idée du pari et du tour du monde en 80 jours, mais le scénario invente de nombreux personnages, sous-intrigues et gags pour séduire le public du début des années 2000.

Le film dure environ 120 minutes et s’adresse clairement à un public large : enfants, ados, adultes en quête de divertissement. Il faut le voir comme une relecture ludique plutôt que comme une adaptation scolaire. Si tu veux une version plus classique, la grande adaptation de 1956 reste la référence.
Quel est le synopsis du tour du monde en quatre-vingts jours (2004) ?
L’histoire suit Phileas Fogg, inventeur excentrique à Londres, en 1872. Pour prouver la valeur de ses inventions et faire taire ses détracteurs, il accepte un pari : faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Il est accompagné de son nouveau valet, Lau Xing, qui se fait passer pour un Français appelé Passepartout, et d’une artiste française, Monique, rencontrée à Paris.
La particularité du film de 2004, c’est de placer Passepartout au centre du récit. Il n’est plus seulement un serviteur dévoué, mais un maître d’arts martiaux en cavale, qui a volé une statue de Bouddha en jade à la Banque d’Angleterre pour la rapporter à son village natal en Chine. Cette intrigue parallèle ajoute une dimension de film d’action, avec combats chorégraphiés à la Jackie Chan et organisation criminelle (la Société du Scorpion Noir) lancée à leurs trousses.
Quelles sont les grandes étapes du voyage de Phileas Fogg ?
Le film reprend le principe du tour du monde en 80 jours, mais le transforme en succession de décors spectaculaires et de rencontres improbables. On peut suivre les grandes étapes du périple de Phileas Fogg et Passepartout comme un itinéraire touristique romanesque.
Où passe Phileas Fogg dans le film de 2004 ?
Dans cette version, le voyage se déroule en plusieurs grandes étapes :
- Londres : point de départ, où a lieu le pari lancé à Lord Kelvin et où Passepartout se fait engager comme valet après son vol à la Banque d’Angleterre.
- Paris : Fogg et Passepartout rencontrent Monique, une peintre impressionniste qui travaille dans une galerie, et qui décide de les accompagner.
- Allemagne et Turquie : après un voyage en train, le trio passe par l’Europe continentale et se retrouve prisonnier de l’hospitalité envahissante du prince Hapi, rôle très comique confié à Arnold Schwarzenegger.
- Inde : étape marquée par la poursuite militaire britannique, car Passepartout est identifié comme le voleur de la Banque d’Angleterre, et par les attaques de la Société du Scorpion Noir.
- Chine : moment clé du film, puisque Passepartout retourne dans son village pour restituer la statue volée ; Fogg se sent trahi, ce qui provoque une rupture temporaire entre les héros.
- États-Unis : à San Francisco, Fogg se retrouve ruiné après s’être fait détrousser, puis le trio traverse le pays, croise les frères Wright, qui sont encore simples réparateurs de vélos et précurseurs de l’aviation.
- New York et l’Atlantique : ultime ligne droite, bagarre générale avec les adversaires, puis construction d’un avion de fortune à bord du navire pour rattraper le temps perdu avant le retour à Londres.
On n’est plus vraiment dans le réalisme géographique du roman, mais plutôt dans un best of des grands décors d’aventure : désert américain, villages chinois, palais exotiques… C’est un choix assumé qui plaira si tu aimes les films très visuels.
Quels moyens de transport utilise Phileas Fogg ?
Dans le roman, le voyage repose sur les techniques du XIXe siècle : navires à vapeur, trains, parfois éléphants ou traîneaux. Le film de 2004 garde cette base, mais ajoute quelques libertés pour accentuer le côté spectaculaire et comique.
On voit notamment :
- le ballon : emblème visuel du film, même s’il ne joue pas le même rôle dans le livre ; il permet une « évasion » spectaculaire au début du voyage.
- les trains : pour traverser l’Europe puis une partie de l’Asie, avec plusieurs scènes de poursuite et de sabotage.
- les bateaux à vapeur : indispensables pour franchir les océans, dont la traversée de l’Atlantique avec un capitaine haut en couleur.
- un avion bricolé : invention anachronique construite sur le navire pour arriver à temps à Londres, clin d’œil humoristique à l’esprit d’invention de Fogg et à la passion de Jules Verne pour les avancées technologiques.
Si tu te demandes « Quel moyen de transport utilise Phileas Fogg ? », la réponse, dans cette version, est simple : un peu tout ce qui peut faire rêver un enfant des années 2000, même quand ce n’est pas historiquement exact.
Comment Phileas Fogg finit-il par gagner son pari ?
Le suspense du roman repose sur une question : va-t-il réussir à boucler son tour du monde dans les temps ? Le film de 2004 reprend l’idée, mais la mise en scène accentue l’humiliation et la revanche finale de Fogg.

À leur retour, les héros semblent arriver à Londres à midi pile, dans le délai des quatre-vingts jours. Lord Kelvin, déterminé à faire échouer Fogg, tord l’accord dans tous les sens pour le déclarer perdant et le pousser à abandonner la science. C’est alors que l’inspecteur Fix, excédé d’avoir été utilisé et ridiculisé durant tout le voyage, révèle à la reine Victoria les manipulations de Kelvin. Celui-ci est arrêté, et Fogg se croit pourtant toujours perdant… jusqu’à ce que la reine lui apprenne qu’ils ont en réalité gagné un jour en voyageant vers l’est et en franchissant les fuseaux horaires.
Fogg et ses amis ont donc accompli le tour du monde en 79 jours, sans s’en rendre compte, grâce au décalage horaire. C’est la même astuce narrative que dans le roman de Jules Verne, et c’est l’un des rares points que le film reprend presque tel quel. Fogg devient alors ministre des Sciences, symbole d’une Angleterre qui s’ouvre à la modernité.
Le film est-il fidèle au roman de Jules Verne ?
La réponse honnête : non, pas vraiment. Le scénario est présenté comme une adaptation « libre » du roman, et c’est exactement ce qu’il est. L’esprit du voyage, le pari, la course contre la montre, l’idée d’un gentleman anglais confronté au monde entier sont bien là, mais beaucoup de détails sont transformés ou inventés.
Voici quelques différences marquantes :
- Passepartout n’est plus un valet français d’origine modeste, mais un Chinois qui se fait passer pour un Français afin de cacher qu’il a volé un trésor pour le rapporter à son village ; son identité et ses motivations sont totalement réinventées.
- Monique, peintre impressionniste française, n’existe pas dans le roman ; elle remplace en partie le personnage féminin d’Aouda et apporte une romance entre elle et Fogg.
- Lord Kelvin, antagoniste principal, n’est pas un personnage de Verne, mais une création destinée à incarner le conservatisme scientifique et politique de l’époque.
- La Société du Scorpion Noir et toute l’intrigue autour du Bouddha de jade relèvent du film d’action moderne, pas du roman d’origine.
Comme pour beaucoup d’œuvres adaptées au cinéma, si tu tiens à la fidélité littéraire, ce film risque de te frustrer. En revanche, il peut être une porte d’entrée ludique vers Jules Verne, surtout pour un jeune lecteur. Je connais plusieurs enfants qui ont découvert le roman après avoir vu Jackie Chan en Passepartout, et qui ont ensuite plongé dans le texte original numérisé, par exemple via les éditions du domaine public.
Si tu t’intéresses aux passerelles entre littérature et écrans, tu peux aussi aller jeter un œil à mon article sur L’élève Ducobu entre BD et film, où l’on retrouve la même question : que garde-t-on vraiment du livre quand on le transpose en film ?
Pourquoi le film a-t-il été un échec au box-office ?
Malgré son budget très élevé (environ 110 millions de dollars), le film n’a rapporté qu’un peu plus de 70 millions au box-office mondial, ce qui en fait un échec commercial. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.
D’abord, le positionnement : le film se situe entre aventure familiale, comédie burlesque et film d’arts martiaux. Pour certains spectateurs, il est trop enfantin ; pour d’autres, pas assez fidèle à Verne ; pour les fans de Jackie Chan, l’action reste moins spectaculaire que dans ses films hongkongais classiques. Ensuite, le ton très « parc d’attractions », avec des caméos en pagaille (Arnold Schwarzenegger, Luke et Owen Wilson, Kathy Bates, John Cleese, Sammo Hung…), amuse sur le moment, mais peut donner une impression de produit calibré.
Pourtant, en revoyant le film des années plus tard, je l’ai trouvé plus attachant que dans mon souvenir. Les décors sont colorés, le rythme ne faiblit presque jamais, et on sent un vrai plaisir de jeu chez les acteurs. C’est un de ces films imparfaits, mais que tu peux savourer sans prise de tête un dimanche après-midi.
Faut-il voir le tour du monde en quatre-vingts jours de 2004 aujourd’hui ?
Si tu aimes Jules Verne, les voyages et les comédies d’aventure, je te dirais : oui, mais en sachant ce que tu vas voir. Ne l’aborde pas comme un cours de littérature filmé, mais comme une fantaisie inspirée d’un classique.

Tu y gagneras :
- un tour du monde ludique, qui donne envie de ressortir son globe et de tracer les routes de Fogg et Passepartout ;
- une lecture moderne de l’esprit d’aventure, proche d’autres œuvres que j’adore, comme certaines poésies sur le voyage qui mêlent rêve et dépaysement ;
- une porte d’entrée vers Jules Verne pour des lecteurs réticents, surtout des enfants ou ados qui préfèrent d’abord l’écran à la page.
Si tu as déjà lu le roman, amuse-toi à comparer les villes traversées par Fogg dans le livre et dans le film. Dans le texte original, Verne prend soin de détailler l’itinéraire (Suez, Bombay, Calcutta, Hong Kong, Yokohama, San Francisco, New York, etc.), avec un vrai sens de la géographie et du temps. Le film, lui, préfère condenser les escales pour laisser plus de place à l’action et à la comédie.
Et si tu as envie de prolonger le voyage au-delà du film, je te conseille vraiment de revenir au roman lui-même. C’est une excellente façon de découvrir pourquoi Jules Verne est resté l’un des auteurs les plus lus au monde, aux côtés des géants que j’évoque dans mon article sur le livre le plus vendu de l’histoire.
FAQ autour du film et du roman
Où passe le tour du monde en 80 jours dans le roman original ?
Dans le livre de Jules Verne, Phileas Fogg part de Londres et passe notamment par Suez, Bombay, Calcutta, Hong Kong, Yokohama, San Francisco et New York avant de revenir en Angleterre. Cet itinéraire suit les grandes lignes des routes de transport de l’époque, et Verne s’appuie sur une solide documentation géographique pour rendre crédible le voyage.
Pourquoi Phileas Fogg lance-t-il ce pari fou ?
Dans le roman, Fogg est un gentleman très méthodique, presque mécanique, qui se pique au jeu en lisant un article sur les progrès des transports. Il affirme qu’il est désormais possible de faire le tour du monde en quatre-vingts jours, et se voit mis au défi par les autres membres du Reform Club. Dans le film de 2004, le pari est davantage lié à sa volonté de prouver la valeur de ses inventions et de prendre la place de Lord Kelvin à la tête des sciences britanniques.
Quel âge a Phileas Fogg ?
Jules Verne ne donne pas précisément l’âge de Fogg dans le roman, mais on le présente généralement comme un homme d’une quarantaine d’années, installé, respecté, avec des habitudes très rigides. Dans le film de 2004, Steve Coogan incarne un Fogg plus excentrique et un peu plus jeune dans son attitude, même si le personnage reste celui d’un gentleman adulte déjà bien établi.
Où Jules Verne a-t-il voyagé pour écrire ce roman ?
Jules Verne s’est largement documenté à partir de récits de voyageurs, d’articles de presse et de guides, sans nécessairement faire lui-même le tour du monde. Il a toutefois effectué plusieurs voyages, notamment vers l’Écosse, la Norvège, la Méditerranée et l’Amérique du Nord, qui ont nourri son imagination. Sa force vient surtout de sa capacité à transformer des informations factuelles en aventures romanesques.
Par quoi commencer : le roman ou le film de 2004 ?
Si tu aimes d’abord les images, commence par le film : tu auras une vision ludique et moderne du tour du monde, avec Jackie Chan en guide. Puis plonge dans le roman pour découvrir une version plus subtile, plus lente, mais aussi plus riche du voyage. Si au contraire tu es déjà lecteur passionné, commence par Verne, puis regarde le film en te laissant surprendre par toutes les libertés qu’il prend.
Et si tu as envie de continuer à voyager en littérature, tu peux aussi explorer la façon dont d’autres auteurs ont raconté l’aventure et le déplacement, par exemple dans mon article sur Rue de la Soie, qui nous entraîne cette fois en Indochine.
