L’eau du lac n’est jamais douce de Giulia Caminito

Résumé

❝ Notre mère ressemble à une héroïne de bande dessinée, à Anna Magnani au cinéma, elle braille, ne capitule jamais, cloue le bec à tout le monde. Mariano et moi sommes dans le couloir qui conduit aux chambres, culottes courtes et mollets raides, et sans ciller nous fixons notre peur : ne pas être comme Antonia, ne jamais être à la hauteur, ne remporter aucune bataille.“
Antonia, une femme fière et têtue, s’occupe d’un mari handicapé et de quatre enfants. Pauvre et honnête, elle ne fait pas de compromis et croit au bien commun. Pourtant, elle inculque à sa fille le seul principe qui vaille : ne compter que sur ses propres capacités. Et sa fille apprend : à ne pas se plaindre, à lire des livres, à se défendre, toujours hors de propos, hors de la mode, hors du temps. Mais sa violence, tapie tel un serpent, ne cesse de grandir.
Nous sommes en l’an 2000, les grandes batailles politiques et civiles n’existent plus, seul compte le combat pour affirmer sa place dans le monde.❞

Ma chronique

 ⭐⭐⭐⭐️,5 / 5☆

{LU EN AUDIO DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2023}

Ce roman est une très belle surprise, car je pense sortir un peu des avis et critiques que j’ai pu lire : j’ai trouvé ce roman percutant et émouvant sous beaucoup d’aspects.

Nous faisons connaissance avec Gaia, notre narratrice, qui nous introduit sa mère comme une folle furieuse. Gaia n’est pas l’héroine d’un roman, alors qu’elle est issue d’une famille pauvre, et pourrait prendre ce rôle de « victime », non non, Gaia a un caractère bien à elle, et critique… presque tout et tout le monde.

Je pense qu’en un sens, on peut interpréter les agissements de Gaia, que nous suivons pendant plusieurs années, et que nous voyons grandir, et déduire que celle-ci souffre de problèmes psychologiques. Ou, nous pouvons tout simplement condamner les horreurs qui lui passent par la tête… (etc 😉 ).

Entre son père handicapé, sa femme travailleuse, ses frères dont un rebelle révolutionnaire, nous en voyons de toutes les couleurs et malgré sa haine, Gaia va étudier et tenter de se sortir de ce trou… qui l’a déjà transformé. Sa mère va la pousser à évoluer et devenir quelqu’un d’autre, à changer de condition, sauf qu’elle le fait de façon très appuyée et violente.

Nous déduisons une critique sur la société, et les classes sociales de l’époque en Italie, où il est difficile de s’en sortir. Mais aussi comment tout cela peut bousiller une personnalité, et enfermer une personne. Nous vivons le mal-être de Gaia tout au long de ce roman et c’est en cela que je l’ai adoré : c’est très gênant immersif… et on pense avoir touché le fond mais non, ce n’est pas fini.

L’actrice m’a totalement convaincue, elle était Gaia à mes yeux tout au long de ma lecture ✨️

Si vous l’avez lu, ou si ça vous dit bien, n’hésitez pas à commenter l’article ou à me retrouver sur Instagram !


À très vite pour d’autres chroniques…

Mathilde

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